Sur la situation au Congo et les chances pour la Paix

Analyse de Mr Firmin Yangambi
Président de la Fondation Paix-sur-Terre à Kisangani
02/08/03

1. Quelle est la situation actuelle en RDC ?

La situation générale actuelle en RDC est stationnaire et mediocre.

1. Sur le plan politique, elle est domineé par les recherches de l'application de l'accord politique qui a abouti au partage du pouvoir entre les différents antagonistes. Les différentes institutions de la transition essaient de s'installer. Le gouvernement est déjà entièrement formé et installé. En principe, tous les membres du gouvernement commencent le travail ce lundi 04 .08.03. Les bureaux du parlement et du sénat sont déjà complets mais ces deux institutions n'ont pas encore commencé à travailler. Pour la justice, un nouveau premier président de la cour suprême de justice et un nouveau procureur général de la république, les deux magistrats les plus gradés dans l'ordre judiciaire congolais ont aussi été nommés et ils travaillent déjà. Pour l'instant, le début du travail pour le gouvernement et les deux assemblées sont aussi retardé par des problèmes de logistique. Il y a en effet près de 600 personnes à installées , c'est-à-dire, les membres du gouvernement et des assemblées.

Seules les institutions au niveau central sont en voie d'installation. Quant à l'intérieur du pays à savoir les provinces, c'est le statu quo car ce sont encore les autorités de chaque antagoniste qui continuent à administrer. Malheureusement, ces autorités locales continuent à se comporter comme s'il n' y avait encore eu un accord.

A vrai dire, plusieurs acteurs politiques ne sont pas très favorables à la réunification et à une transition qui doivent mener aux élections générales, libres et transparentes. En réalité, seul Joseph KABILA veut vraiment que le processus avance car il croit en un CONGO démocratique. Mais les autres mouvements savent qu'ils sont très impopulaires pour les crimes de toutes sortes qu'ils ont commis et s'attendent que la population les sanctionne mais aussi qu'ils soient poursuivis en justice pour crimes de geurre et autres. Ils savent que ce processus mènent tout droit à leur destitution car très peu d'entre eux peuvent se faire élire démocratiquement.

2.Sur le plan militaire, les lignes de front dans l'Equateur, dans la Province Orientale, dans les Kasai et dans le Katanga sont calmes. On n'a pas noté depuis un certain temps des combats entre les bélligérants. En revanche, dans le KIVU les hostilités n'ont jamais en réalité cessé et elles continuent y compris ces derniers jours. Les troupes rwandaises sous le camouflage des soldats du RCD/ GOMA font la guerre aux maimai. Dans cette même partie du pays, et particulièrement au Nord-Kivu, on notre la présence des troupes rwandaises à RUTSHURU et LUBERO notamment. Par ailleurs, un membre du RCD et actuel gouverneur du Nord-Kivu a monté avec l'appui du RWANDA une milice. On n'apprend que ne faisant plus trop confiance aux congolais du RCD/GOMA qui pourraient se désolidariser d'eux une fois le pays réunifié, cette milice constitue l'avant projet d'une nouvelle rébellion que KAGAME prépare déjà. Il est vrai qu'en dehors du Nord-Kivu, les militaires rwandais sont encore en RDC dans d'autres lieux comme KINDU, KISANGANI et sur les lignes de front sous le camouflage des militaires du RCD/GOMA.

3.Sur le plan social, la situation demeure très préoccupante. Les tracasseries des militaires envers les civils n'ont pas cessé spécialement à l'Est, la libre circulation des personnes et des biens n'est pas encore vraiment effective. A KISANGANI par exemple, les autorités du RCD/GOMA obligent les opérateurs à payer une taxe de 0.5 dollars américains par kilo pour toutes les marchandises qui viennent de KINSHASA notamment. Arithmétiquement, cette taxe corespond à une taxe de douane comme droits d'entrée des marchandises importées de l'étranger. C'est déjà cette difficulté que la cargaison humanitaire de PAIX SUR TERRE avait rencontrée à l'époque. Tous les bateaux en provenance de KINSHASA sont systématiquement fouillé et doivent obtenir une autorisation expresse du RCD pour accoster à KISANGANI. Pour la population, la guerre n'est pas encore finie. Sa vie au quotidien n'a pas du tout changé. Il n'y a pas encore eu la moindre amélioration. Au contraire, les gens perdent de plus en plus confiance car ils ne comprennent pas que les rwandais soient toujours là, comme nous le disons dans notre bulletin du mois de juillet, ils sont même introduits dans les fonctions publiques et l'ramée. La population se demande à l'Est comment les autorités des rebellions continuent à se comporter sur le terrain comme si elles n'étaient devenues des membres du gouvernement de la RDC. La tension sur le plan social et psychologique est très visible et le RCD par exemple continue à narguer la population. Ce samedi 02 juillet à KISANGANI par exemple la journée a été décrété chômée par le RCD qui a obligé tout le monde à se rendre au meeting organisé pour leur 5è anniversaire comme pour dire à la population que rien n'a encore changé.

2. Quelles sont les chances que le processus de paix aboutisse de manière heureuse?

La crise du CONGO est dans son fond complexe. Les chances pour une réussite du processus de paix et de démocratisation dépendent évidemment de l'état des paramètres fondamentaux de cette crise. Nous l'avons toujours dit et cette réalité demeure constante, deux facteurs essentiels sont à la base de cette crise:

1. La volonté des politiciens congolais de privilégier leurs intérêts égoistes à la satisfaction de l'intérêt général et ces derniers ont touvé en la politique un raccourci pour l'enrichissement facile sur le dos de la population. Aujourd'hui, ils viennent de tuer plus de 4 millions des citoyens innoncents pour obtenir quelques postes de gouvernance. Sont-ils désormais un peu plus conscients du fait que la politque c'est pour servir son pays ? Apparemment, il n'y a encore aucune raison de croire que ces politiciens ont été transformés. Si donc nous voulons que ce processus aboutisse, il faut redoubler de pression de toute sorte sur eux pour les déterminer à respecter les engagements qu'ils ont pris cette fois car ils n'ont jamais été suffisament sérieux dans leurs comportements jusqu'à présent.

2. La convoitise de la communauté internationale qui s'explique aussi bien par des raisons économiques que autres géostratégique...Cette communauté internationale, les privées multinationales dont les intérêts sont infinement confondus aux puissances étatiques ont choisi le RWANDA, l'OUGANDA et un peu le BURUNDI pour destabiliser le CONGO et y réaliser librement leurs différents plans. Si nous voulons que la paix revienne et que la démocratie règne en RDC, il faut que cette communauté internationale change sa politique dans cette affaire. Arrêter d'armer les AGRESSSEURRS RWANDAIS et OUGANDAIS après avoir renoncer à l'entreprise de pillage systématique des ressources du Congo, comprendre que les congolais sont aussi bien des personnes humaines que les tutsi et qu'ils ont au moins autant droit à la protection de la vie que les autres. Ici également, il faut que la communauté internationale soit sensibilisée.

EN CONCLUSION, SEULE LA PRESSION DES POPULATIONS, DES GOUVERNEMENTS ETRANGERS DE BONNE FOI et DES ONG NATIONALES et ETRANGERES PEUVENT OBLIGER LES POLITICIENS CONGOLAIS A MENER A BON PORT CE PROCESSUS ET DETERMINER LES PUISSANCES QUI SOUTIENNENT ET ENTRETIENNENT LE DESORDRE AU CONGO DE LIBERER LA PAIX ET LA DEMOCRATIE.